Maniac

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Réalisé par: Frank Khalfoun

Avec: Elijah Wood, Liane Balaban, Nora Arnezeder

Durée: 1h29

Genre: Epouvante/horreur

Date de sortie cinéma: 2 Janvier 2013

Interdit aux moins de 16 ans

Speech:

Dans les rues qu’on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d’une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l’aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille. Au point de donner libre cours à une pulsion trop longtemps réfrénée – celle qui le pousse à traquer pour tuer.

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Critique:

En cette période de vague de remake qui n’est pas prête de s’arrêter en 2013 (Evil Dead, Massacre à la tronçonneuse…) certains se sont démarqués par leur médiocrité (The Omen, The Fog) tandis que d’autres nous proposaient une relecture de l’original des plus intéressantes et c’est le cas pour les films de Alexandre Aja.

De Piranha 3D en passant par La colline a des yeux, le réalisateur a compris que remake ne veut pas dire copié-collé mais plutôt insuffler quelque chose de nouveau qui manquait à l’œuvre originale.

C’est donc le cas ici avec ce remake de Maniac où l’action ne se passe plus dans un New-York poisseux des années  80 mais dans un centre de Los Angeles méconnu qui à la nuit tombée se vide pour laisser sa place aux créatures des bas-fonds de la Cité des Anges.

Pourquoi  New-York ? Lors de sa masterclass à laquelle j’ai pu assister, Alexandre Aja précise que le New-York actuel qu’il qualifie avec humour de « Disneyland » n’avait plus lieu d’être dans Maniac : trop propret pour cacher un tel serial killer.

Autre nouveauté pour le film, la vue en subjectif qui nous met dorénavant à la place d’un serial killer pour le meilleur et surtout pour le pire. Volonté de vraiment se démarquer de l’original, le tueur baraqué du film des années 80 laisse sa place au fluet Elijah Wood qui nous avait déjà fait part de ses talents de détraqué dans Sin city.

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Voilà pour les grands changements avec l’original pour la suite, je vais me contenter de ne parler que du remake n’ayant pas vu le premier film (honte à moi je sais je vous ai dit je n’aime pas la concurrence…). Allez, on commence !

Maniac  est avant tout un film qui, dès la première scène d’ouverture choc nous met directement dans l’ambiance. Une ambiance poisseuse, malsaine amplifiée par la vue à la 1ère personne qui ne nous offre aucune échappatoire. On assiste impuissant aux meurtres aussi sanglants qu’immoraux tel des témoins captifs des yeux d’Elijah wood.

Le film gagne donc en puissance avec cette caméra subjective qui film tout sans nous épargner les moindres détails (vomi dans les toilettes, malaises du tueur presque psychédélique…).  Les meurtres quant à eux sont vraiment criants de réalisme avec un mélange de bons vieux maquillages et d’images de synthèse le résultat est bluffant et nauséeux un peu à l’image du personnage lui-même. Car en effet, avec cette caméra intrusive on se surprend à éprouver de l’empathie pour ce tueur impitoyable. L’enfance de Frank est introduite par des bribes de souvenirs où on apprend que sa mère a crée un monstre détruit par la peur. Cette peur viscérale chez lui d’être abandonné ou mal-aimé ainsi que l’amour physique qui lui est impossible d’assouvir puisque dès que l’occasion se présente, c’est un autre besoin qu’il doit contenter, une soif de sang qui le rend à la fois malheureux et en même temps plus proche de cette mère indigne dont il ne cessera de chercher avec désespoir son amour maternelle.

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Grâce à ces flashs et à cette caméra, on arrive à ressentir la détresse de ce personnage prisonnier de son amour qui au final, n’est jamais partagé. La scène finale est magnifique, révélant les craintes de Frank qui se transformera en ce qu’il a toujours chérit.

Pour revenir aux scènes de scalps, elles parviennent à nous horrifier à la fois par les effusions de  sang omniprésentes mais aussi par l’impossibilité  de détourner les yeux ou de fixer autre chose, on est littéralement à la place de Frank, obligé de subir jusqu’au bout ce fétichisme macabre.

Pour moi, la scène qui représente le mieux le film est celle où Frank est filmé dormant à côté de ses mannequins à la chevelure scalpée. On suit alors le monologue du tueur qui se parle à lui-même pris par cette folie qui lui fait croire que ses mannequins sont de chair et d’os. La solitude du serial killer est bercée par une espèce de mélancolie qu’on retrouve dans la musique sublime du film. Des notes de romantisme musicales qui contrastent avec la bestialité et l’inhumain.

Enfin, pour les acteurs, on ne peut que saluer la prestance d’Elijah wood qui, même si on le voit très peu, nous hypnotise avec sa voix mi-ange mi-démon. Cette voix envoutante qui va nous guider tout au long de sa chasse sanglante.

Le personnage féminin de Nora  Arnezeder apporte une touche de féminité même si son jeu est loin d’égaliser notre Frodon. On ne partagera que très peu sa détresse le but du film étant de délaisser les victimes pour s’occuper uniquement du point de vu du bourreau.

Maniac est donc un bon remake qui colle à la peau. Poisseux, dérangeant, on reste quand même attaché malgré nous à ce personnage de tueur grâce à une vue subjective bien maitrisée et nerveuse.

Se démarquant de l’original, ce remake a réussi à trouver sa propre voir dans les rues malfamées d’un Los Angeles à l’abandon. Un film qui devrait vous faire réagir soit par répulsion soit par une attraction malsaine voulu par le réalisateur. Une nouvelle réussite pour Alexandre Aja qui, même à la production, confirme sa maitrise du remake. Un dernier conseil, si vous vous promenez dans la rue mesdemoiselles, cachez vos cheveux Frank n’est jamais bien loin….

Votre dévoué Freddy

Note: 7,5/10

4 réponses à “Maniac

  1. Excellent film que j’ai vu au Festival de Cannes, avec l’équipe justement, invité pour avoir participé au visuel du film, dans l’utilisation des photos de mannequins que je réalise (http://davidlaw.fr ). La réalisation soignée nous plonge dans l’univers vu par les yeux du tueur, les mannequins sont omniprésents, les visuels étouffants. C’est efficace et beau,c’est ce qui m’a frappé, une esthétique de l’image hors norme, dans les reflets et les miroirs… J’adhère et j’adore. David Law Interview réalisée sur le film http://www.eklecty-city.fr/interviews/interview-exclusive-du-photographe-du-prochain-film-dalexandre-aja-maniac/

  2. Bonjour,
    Merci pour cet article sur MANIAC, le film est vraiment super intéressant, et tu as raison, on se tape tellement de remakes médiocres, enfin un projet de qualité ! 🙂
    Juste une petite remarque sur ton Blog, tu devrais mettre le texte en « justifié », ça serait + joli je trouve 😉
    J’ai participé à l’avant-première du film et à la Masterclass d’Alexandre Aja au Max Linder, si ça t’intéresse il y a un article avec beaucoup de photos sur mon Blog ici : http://gowith-theblog.com/masterclass-alexandre-aja-maniac/

    A Bientôt 😉

    • Merci pour ton conseil je vais le faire à partir de maintenant c’est vrai que c’est mieux ! Je vais faire un tour sur ton blog alors ! Bonnes fêtes ! Votre Dévoué Freddy

  3. Pingback: [CRITIQUE] Amityville: The Awakening | Le cinéma de Freddy·

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